18 mars 2016. Situation et prévision.

L’Île-de-France est confrontée à un épisode de pollution dû aux particules PM10. Cet épisode printanier conjugue une pollution locale avec un épisode de grande ampleur qui concerne une bonne partie de la France et de l’Europe. Cet épisode est dû principalement à des particules provenant de réactions chimiques de gaz entre eux (particules secondaires) : du nitrate d’ammonium, et du sulfate d’ammonium dans une moindre mesure. Lors de ce type d’épisodes, ces composés peuvent représenter certains jours plus de 60% de la masse des particules PM10 mesurée. Ces épisodes sont fréquents en mars (comme en 2014 et 2015) compte tenu des sources de pollution (trafic et agriculture), combinées à des conditions météorologiques propices à ces réactions dans l’atmosphère.

 

 Prévision de la qualité de l'air dans le Nord de la France du 18 mars 2016

 

Airparif prévoit la poursuite de cet épisode demain, samedi 19 mars, avec un dépassement du seuil d’information pour lequel il existe un risque pour les personnes sensibles.

 

Origine de ce type d’épisode      

L’origine de ces épisodes correspond à des émissions agricoles ET du trafic routier que des conditions météorologiques particulières vont amplifier.

Plus d'informations :

  • sur les conditions de déclenchement de la procédure d’information et d’alerte en cas d’épisode de pollution

- 1er niveau : seuil d’information

Un dépassement de 50µg/m3 en moyenne sur 24H qui concerne a minima 10% de la population départementale et / ou 100km² de la région 

- 2ème niveau : seuil d’alerte 

Un dépassement de 80µg/m3 en moyenne sur 24H qui concerne a minima 10% de la population départementale et / ou 100km² de la région 

En cas de prévision de dépassement de l’un de ces seuils par Airparif, les autorités mettent en œuvre les actions d’informations et de réduction de la pollution prévues dans l’arrêté interpréfectoral.

  • Sur les particules dites secondaires :

La formation de ces particules secondaires s’explique par les conditions météorologiques anticycloniques, avec des températures froides et humides le matin, qui sont propices à la formation de composés secondaires tels que le nitrate d’ammonium.

Elle provient aussi par les sources de pollution. La formation de nitrate d’ammonium et de sulfate d’ammonium nécessite notamment des émissions :

- d’ammoniac. Ces épisodes ont généralement lieu durant la période de traitements agricoles. Or l’agriculture (engrais et élevage) est le principal émetteur d’ammoniac en France (plus de 90% des émissions), le reste provenant du trafic routier. Comme la persistance dans l’atmosphère de l’ammoniac est longue, une semaine ou plus, sa  présence dans l’atmosphère de l’Île-de-France s’explique par des émissions régionales et le transfert de pollution à travers la France et l’Europe.

- d’oxydes d’azote. Ils contribuent à la formation d’acide nitrique, puis de nitrate d’ammonium. En Île-de-France, les oxydes d’azote sont principalement émis par les transports routiers. Avec une présence dans l’atmosphère plus courte, de un à quelques jours, ces composés proviennent principalement de sources locales.

- et de dioxyde de soufre. Il conduit à la formation d’acide sulfurique, puis de sulfate d’ammonium. Le dioxyde de soufre est émis par la combustion de fioul lourd et de charbon, voire par des éruptions volcaniques.

Deux types d’actions complémentaires sont possibles pour limiter ces épisodes printaniers et leur intensité :

- En priorité, des actions à long terme et à large échelle (française et européenne) pour réduire les émissions d’ammoniac*, afin de diminuer les concentrations en nitrate d’ammonium et donc de particules. Cela implique d’agir de manière pérenne sur certaines pratiques agricoles.

-  Et de manière ponctuelle, des actions visant à réduire l’acide nitrique*. La formation de nitrate d’ammonium serait plus sensible aux concentrations d’acide nitrique qu’à celles d’ammoniac. Pour être efficaces, une réduction de l’acide nitrique implique de diminuer à la fois les émissions d’oxydes d’azote, mais aussi celles d’hydrocarbures (Composés organiques volatils), et donc d’agir sur l’ensemble du secteur trafic routier (véhicules essence et diesel).